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Commémoration du 11 novembre

Discours prononcé par le maire à l’occasion de la commémoration du 11 novembre 1918


Il y a cent ans, la France et ses alliés s’engageaient dans un conflit qui plongea l’Europe dans la guerre et qui, quatre ans plus tard, laissera notre pays exsangue, amputé de la vie de plus de 1 400 000 soldats, morts pour la France, et 4 200 000 militaires blessés.
L’Europe de 1914, l’Europe des empires et des monarchies, l’Europe du Traité de Vienne et des conquêtes impériales, l’Europe centre du monde, cette Europe qui s’engouffre avidement dans cette première guerre mondiale, elle non plus ne se réveillera pas.

En Vendée, la mobilisation générale d’août 1914 envoya sur le front des milliers de soldats. 22 000 d’entre eux n’en reviendront pas. Comme déjà en 1815 et en 1870, les vendéens oublieront les avanies subies dans le passé pour faire front contre l’invasion. Les régiments vendéens, le 93e régiment d’infanterie de La Roche-sur-Yon et le 137e régiment d’infanterie de Fontenay-le-Comte, réputés pour leur ténacité, sont de tous les coups durs, au point d’entrer bientôt dans la légende : une section entière du 137e RI sera ensevelie quelques mois plus tard dans la « Tranchée des baïonnettes » Quatre années durant, nos soldats vont tenir malgré la boue et le froid, les offensives aussi meurtrières qu’inutiles, le déluge d’acier et les corps atrocement déchiquetés. Sans oublier, chez nous, à l’arrière, la terrible angoisse de leur famille et de leurs proches. La Vendée, comme d’autres départements ruraux, bretons notamment, aura alors fait à la France, un sacrifice très au-dessus de la moyenne nationale.

C’est leur mémoire que nous honorons ce matin, et en particulier celle de ceux qui sont morts pour la France dès le début du conflit, au cours des batailles de la Marne ou des Flandres.
Saluons ensemble la mémoire de nos poilus, morts en 1914 :
Auguste Devaud, soldat du 93è RI, tué à l’ennemi lors de la bataille de Maissin, en Belgique, le 22 août 1914.
Victor Raimbaud, soldat du 137è RI, décédé des suites de ses blessures à Mailly-Maillet, le 27 octobre 1914
Auguste Honoré, caporal du 114è RI, tué à l’ennemi lors de la bataille de Zonnebeck, en Belgique, le 27 novembre 1914
Je souhaite enfin, tout particulièrement, que nous fassions mémoire de Victor Aubineau, jeune tisserand de 20 ans, Marsouin du 2ème RIC assassiné à Luxembourg le 24 août 1914 alors qu’il sortait de la gare. Un officier raconte la scène : « Un blessé demandant à boire, un soldat allemand cracha dans le verre qu’on lui tendait. Révolté, Aubineau souffleta le misérable qui, lâche jusqu’au bout, le transperça d’un coup de baïonnette. »
Victor Aubineau repose aujourd’hui au cimetière de Hollerich où les Luxembourgeois reconnaissants ont élevé à notre petit soldat une tombe pour que l’on n’oublie pas son geste de bravoure et son sacrifice.
La commémoration du centenaire de la grande guerre et les nombreuses manifestations qui y sont associées, nous donnent l’occasion de puiser dans les témoignages de nos poilus, dans leurs récits sans faux-semblants, pleins de vérité et d’audace, une énergie, une vigueur, l’envie de témoigner à notre tour de leur sacrifice, de leur courage et de l’amour de leur pays.

Mallièvre, 11 novembre 2014
Guillaume JEAN Maire

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